‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 141 sur 242 · Lysislrata, \ et suir · texte numérisé non relu

Lysislrata, \ et suir

LA RELIGION. 2jj

reur, et qu'ils soupçonnaient, en voyant les femmes si empressées à s'y rendre, d*ôtre des associations de tribades.

Depuis que les relations d'Athènes avec l'Orient s'étaient multipliées, les dieux nouveaux Pavaient envahie; l'État avait dû céder. La déesse Bendis, contre qui Cratinus paraît avoir dirigé sa comédie les Femmes tliraces, en 443 *, avait, dès le temps de Périclès, un temple au Pirée. A l'époque où Platon écrivait sa République *, les Thraces domiciliés à Athènes et les Athéniens eux-mêmes, y célébraient en grande pompe la fête de leur déesse. Kotytto avait à Athènes des adhérents assez nombreux pour qu'Eupolis ait écrit contre elle une de ses plus célèbres comédies, les Baptes. Ces Baptes ou baptisés, s'initiaient au culte de la déesse par des ablutions et des purifications. On les accusait de se livrer entre eux à des orgies monstrueuses et à des pratiques infâmes ^ Isis l'Égyptienne, moins dangereuse, suspecte cependant parce qu'elle venait du dehors, avait pris en Grèce un grand empire. Elle était venue de bonne heure en Attique et y était en si grande vénération que les dieux de l'Olympe y inspiraient moins de frayeur religieuse. Les gens qui juraient par Isis devenaient, croyait-on, subitement malades. Les poètes comiques avaient lutté contre l'introduction du culte d'Isis. Cratinus, dans les Béliennes, se moque d'un personnage important, nommé Lycurgue, parce qu'il s'était prêté à rimporlation de la religion d'Isis. Il le montre jouant un

i, Cratinus, fr. 80, 82, 84.

2. Voyez le commencement de la République; Cf. Xénophon, Helléniques, II, 4, il ; Strabon, X, p. 362, 364.

3. Hésychius, s. v. Kotuttw; Juvénal, II, 91 et suiv., et la scolie ; Eschyle, fr. 56 (Nauck ) ; Démosthène, Couronne, 259-GO.

!S6 AniSTOPHANE.

râle de femme dans une cérémonie de la déesse, un tabouret et revêtu d'une robe égyptienne '. même raison, ArUtopliune surnommait ce Lycurj et Phérécrate appelait les Egyptiens les compati Lycurgue '.

Les cultes phrygiens étaient encore plus mé] plus recherchés. Celui de la Grande Mère, repoussé, s'était enfin impose i Athènes; elle y i temple et une statue en 430. Les femmes, et pluE lement les courtisanes, foimaient le cortège de h Elle excitait parmi ses adorateurs des transporl tiques et les dominait comme aujourd'hui le domine une malade atteinte d'hystérie. Arist dans les Gufpes, raconte ironiquement que le (Ils locléoQ, pour guérir son père de sa manie, es l'initier au culte de Cyl>è]c. 11 le fit baigner et mais sans résultat. Aloi's il le livra aux Gorj mais Philocléon s'échappuit avec son tambourin < au tribunal, pour juger '. Le vteus fou avait don au traitemeQt le plus énergique qu'on pût imaj I raitement par l'initiation aux mystères de Cybèle était plus répandu encore, et plus adoré des fem mort et sa résurrection étaient l'objet de lame douloureuses ou d'exclamuUons enthousiastes, ment où l'assemblée du peuple délibérait sur dition de Sicile, les femmes, sur les terrasses des i pleuraient Adonis, et la ville tout entière retenti l'uulement des tambourins*. I^es poètes comité poursuivi Adonis de leurs plus dures satires. ]

l.Crotinus, fr. 30.

i. (liieaax. liSe.

a. r.uipti, 1 19-20.

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