‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 144 sur 242 · Grenouilles, li5 et suiv · texte numérisé non relu

Grenouilles, li5 et suiv

LA RELIOIOIÎ. 20!

bosquets de myrtes, des thiases bienheureux d'hommes et de femmes, et tu entendras des applaudissements ^ » Dionysos suit la route indiquée par Héraclès, pénètre jusqu'à la porte des enfers, où arrive en même temps que lui le chœur des initiés, et le poète nous fait assister à une représentation de la fête des Eleusinies, habilement adaptée aux besoins du drame. La brise parfumée envoie à Dionysos l'émanation des torches mystiques ' ; il écoute et entend l'invocation pieuse et pacifique des choreutes, puis la proclamation de l'hiérophante, puis les chants de la procession sacrée à travers les prairies fortunées; et le cantique rythmé à la cadence des pas. entrecoupé de mouvements lyriques et d'intermèdes comiques ', se termine par ces mots qui en résument l'impression finale, celle qu'Aristophane veut laisser dans notre esprit : « Pour nous seuls le soleil répand une lumière joyeuse, nous qui sommes initiés, nous qui avons mené une vie pieuse et sommes respectés par les étrangers et par nos concitoyens *. »

Toute cette scène des Grenouilles où le poète, avec un art consommé, a mêlé la comédie au dithyrambe, semble être une illustration brillante et dramatique de ce passage fameux de Platon sur les mystères : « Ceux qui ont réglé les initiations ont eu une grande pensée; ils ont voulu nous signifier par ces symboles que celui qui arrive dans l'Enfer sans avoir été initié et admis sera plongé dans un bourbier; celui, au contraire, qui aura été purifié et admis, dès son arrivée là-bas, habitera avec les dieux *. »

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