Platon, Banquet, p
cercles des gens d'esprit, lui enfin que Platon a fait figurer dans un souper avec Socrate lui-même et plusieurs de ses amis les plus intimes? Et s'il ne s'y est pas trompé, pourquoi Ta-t-il insulté si cruellement?
Je ne puis répondre à cette double objection qu'en entrant dans l'examen de la pièce d'Aristophane, pour la rapprocher des autres documents que nous avons sur Socrate.
La physionomie et l'extérieur de Socrate étaient si connus, qu'il n'était pas possible au poète de les travestir, aussi a-t-il pris soin de les reproduire avec fidélité. Voici comment il représente la démarche de son héros : € Il s'avance fièrement dans les rues, lançant des regards de côté, les pieds nus, insensible à toutes les souffrances *. » — f Tu deviendras un objet d'envie parmi les Grecs, disent les Nuées à Strepsiade, si tu as le courage d'endurer la souffrance, si tu peux, sans te fatiguer jamais, rester debout ou marcher, si tu ne souffres pas du froid, si tu te soucies peu de dîner, si tu t'abstiens de vin, d'exercices de gymnastique et d'autres frivolités*. • Voilà, marquée en quelques traits, la physionomie de Socrate ; les autres poètes comiques ne l'ont pas décrite autrement, t Pourquoi te rengorges-tu et fais-tu ainsi le fier? demande un personnage d'une comédie de Gallias. — J'en ai bien le droit; je ne fais que suivre l'exemple de Socrate'. i — t Je hais, dit un personnage d'Eupolis, ce Socrate, ce mendiant bavard, qui a médité sur tout le reste, mais qui ne s'est jamais demandé comment il souperait*. » — t Tu es vaillant, dit à soj tçur Amipsias,