‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 154 sur 242 · Oiseaux, loGi · texte numérisé non relu

Oiseaux, loGi

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ces disciples convaincus qui voyaient en Socraterapôtre de la religion nouvelle. D'ailleurs, TÉglise socratique était relativement assez nombreuse. Socrate était à la mode. « On vivait dans le jeûne et dans la crasse, dit Aristophane, à propos des engouements de ses conemporains; on socratisait ^ »

Gomment des gens si durs pour eux-mêmes et si évidemment désintéressés, pouvaient-ils être accusés à la fois de pauvreté sordide et de basse cupidité? Les deux reproches semblent s'exclure l'un lautre. Cependant, les poètes comiques, sûrs de répondre à l'instinct populaire, ne se sont pas mis en peine de cette contradiction. Socrate lui-même, dont la vie se passait au grand jour, et que tout le monde savait pauvre, fut dénoncé comme un adroit voleur et comme un avare sophiste. On répéta qu'il se faisait payer ses leçons, que la passion du lucre était le véritable objet de sa propagande, bien plus, qu'il allait jusqu'au vol. Eupolis, dans une de ses pièces, l'accuse d'avoir volé une œnochoé dans un repas *, et dans les NibéeSy un disciple de Socrate, pour vanter l'adresse du maître, raconte qu'un jour, dans une palestre, il réussit à escamoter un himation •. Socrate, assimilé à un prestidigitateur ou aux voleurs de vêtements qui exerçaient leur industrie dans les palestres I L'invraisemblance était flagrante, mais le peuple ne s'en mettait pas en peine. D'ailleurs, pour le poète comme pour ses auditeurs, il s'agissait surtout de rire. Ceux-ci n'y croyaient sans doute qu'à demi^ mais ils n'étaient aussi qu'à moitié incrédules. A quel usage les sophistes emploieraient-ils leur habileté, sinon à duper les autres? Et

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