Eupolis, fr. ii'M
i). iViièci", 170.
puisqu'on va leur demander des leçons de fourberie, n'est-il pas naturel qu'ils en usent d'abord pour euxmêmes? Celui qui enseignait à Strepsiade l'art de ne pas payer ses dettes, ne devait pas hésiter à s'approprier le bien d'autrui. Aux yeux du public, dans tout sophiste, il y avait un thaumaturge et un filou.
Aristophane, obligé de donner à Socrate les différents caractères des savants et des sophistes de son temps, n'a pu éviter des incohérences et des contradictions. La plupart des difficultés que l'on rencontre dans les Nuées viennent de là. A côté des philosophes sordides et affamés dont Socrate est le chef, il y a les hâbleurs au brillant costume, aux doigts chargés de bagues, qui enseignent, moyennant salaire, la musique, la rhétorique, l'art de guérir, t Les Nuées nourrissent une foule de sophistes, des devins de Thurii, des médecins, des gens portant les cheveux longs et des anneaux aux doigts, qui composent des chœurs cycliques aux rythmes compliqués, des charlatans qui s'occupent des météores et qui ne font rien *. » Il ne s'agit plus ici de Socrate, mais de Lampon, d'Hippias, de Gorgias et d'autres. Ceux-là attirent les clients avec de beaux dehors, des gestes nobles, de longs discours, des promesses emphatiques, un grand étalage de savoir-faire. Bien plus que Socrate, ils méritaient les amusantes plaisanteries d'Aristophane sur la mise en scène de l'éducation nouvelle. Ils sont pompeux, solennels; quand ils paraissent, on ne les appelle pas par leur nom; un murmure de dévotion court parmi les assistants, un mot prononcé à voix basse est sur toutes les lèvres : c'est lui ^ / Cette corbeille du haut de laquelle Socrate étudie les secrets du