‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 156 sur 242 · Nuées, 331 et suir · texte numérisé non relu

Nuées, 331 et suir

238 AIUSTOPIIANU.

cieP, cette affectation de mystère dont il entoure les révélations de la science % ces formalités ' auxquelles il î-oumct Strepsiade avant de le laisser pénétrer dans le pensoir *, ces formules dont il interpelle le visiteur *, ces termes empruntés au rituel des initiés, ces métaphores bizarres par lesquelles il exprime le travail de la pensée ® — et que Ton retrouve dans les dialogues de Platon — tout ce bric-à-brac de la pédanterie philosophique, convient peu à Socrate. Il ne s'ensuit pas (|u'Aristophane l'ait inventé. Ceux qui se faisaient gloire de cultiver les hautes sciences devaient avoir de ces manies. Dans ces cités grecques, où l'esprit d'association et l'esprit religieux étaient si vivaces que presque toutes les professions formaient des confréries constituées en sectes, la science n'échappait sans doute pas à la coutume; les adeptes avaient leur organisation, leur signe de ralliement, et formaient une franc-maçonnerie. Ces grimaces irritaient la foule qui, ne pouvant distinguer entre les marchands d'orviétan et les vrais philosophes, les confondait tous dans le même mépris; tous ces hommes avaient, entre eux, cette ressemblance, qu'ils feignaient de s'occuper de questions inutiles, et vivaient sans rien faire. De tout temps, la multitude a regardé comme des fainéants ceux qui vivent des choses spirituelles. La pensée, ou, pour être plus exact, le rêve est le repos de l'homme dont le corps travaille, et il ne s'imagine pas qu'il puisse y avoir de la fatigue dans la seule pensée. Pour un Athénien, occupé à son métier, à

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