‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 157 sur 242 · Nuées · texte numérisé non relu

Nuées

f?. Nuées, 223.

6. Nuées, 740 et suiv.; 137; cf. Platon, Théélète, p. 149% iSO*, io5».

iL*ÉDUCAT10N. LA PHILOSOPHIE, LA RHÉTORIQUE. 239

sa boutique ou à l'Assemblée, ceux qui passaient leurs journées à disserter sur la nature de Tâme étaient des paresseux et des inutiles. Encore se serait-on borné à en rire s'ils s'étaient eux-mêmes contentés de disputer entre eux. Mais se faire payer très cher pour un pareil service, battre monnaie avec sa fainéantise, voilà ce que le bon sens populaire ne pouvait tolérer. Chacun comparait avec les gros honoraires — que Ton grossissait encore — qu'un étranger, comme Protagoras, gagnait en quelques leçons, la petite somme que pouvait amasser, à force de travail, un marchand ou un ouvrier athénien; et la haine des sophistes augmentait. Peutêtre, aussi, le peuple sentait-il d'instinct que la sincérité de la spéculation philosophique s'accorde mal avec le désir de la richesse, et que l'avidité des sophistes prouvait la légèreté de leurs convictions. Socrate pensait sur ce point comme la foule ; il disait que celui qui reçoit de l'argent du premier venu se donne un maître et se prépare une servitude pire que les autres *. Il a donc acheté par un absolu désintéressement et par une frugalité exceptionnelle le droit d'être philosophe; il méritait bien qu'on lui reconnût, au nftins, cette supériorité. Les poètes comiques n'ont pas voulu le séparer, même à ce point de vue, des autres sophistes; ayant fait de lui le maître et le parangon de la sophistique, il n'ont pas jugé à propos d'en supprimer un des traits essentiels; ce fut peut-être, aux yeux de Socrate, leur plus cruelle injustice.

1. Xénophon, Mémorableê, I, 6, 6; Platon, .4|?o/a^ie, «. odaix?-!''

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ARISTOPHAIfl. (7

200 AniSTOPHANB.

Nous savons ce qu'étaient, d'après Aristophane, les nouveaux éducateurs de la jeunesse: vo^-ons ce qu'il reprochait à leur enseignement. Socrate a pris soin de reproduire lui-même ces reproches dans l'apologie que lui prête Platon, c On dit qu'il est un certain Socrate, homme habile, qui s'occupe des phénomènes célestes, et recherche ce qui se passe sous la terre, qui ne croit pas à l'existence des dieux et qui rend fort le discours faible ^ » Il ajoute, plus loin, que ces propos mis en avant par des gens pour la plupart inconnus, à lexception de quelque auteur comique, — allusion évidente aux Nuées d'Aristophane * — sont acceptés comme des vérités par la foule ignorante. Dans un autre passage de son apologie, il dit que ce sont là les banalités que l'on met en avant contre les philosophes '; enûn, les termes mêmes de l'accusation intentée à Socrate par Melitus, sont presque identiques. Il y a donc une concordance parfaite entre la comédie des Nttées, les bruits qui couraient sur les philosophes et l'acte d'accusation de Socrate * ; d'où il suit qu'en analysant la comédie d'Aristophane, nous apprendrons, en même temps, ce que les ennemis de la philosophie pensaient, non seulement de Socrate, mais de tous les philosophes; nous sommes sûrs d'avoir, dans l'œuvre du poète, un tableau, ou plutôt, une satire de l'enseignement des sophistes, tel,

i. Platon, Apologie, p. i8^

2. Platon, Apologie, p. iS^, < ic).i^v e! tk xb){i(^ôoicoi6; Tu\;^avei &y k

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