Platon, Apologie, p. 23d
i. Piaton, Apologie, p. âi^.
L'ÉDUCATION. LA PHILOSOPHIE, LA RHÉTORIQUE. 29t
du moins, que se le figurait le public. Et cette satire peut se résumer en deux mots : Socrate, en enseignant aux jeunes gens les sciences physiques et la rhétorique, les pervertit.
Lorsque Strepsiade entre chez Socrate, il aperçoit tout d'abord dans la cour des appareils d'astronomie, des instruments d'arpentage et de géographie, tout l'attirail des sciences appelées alors sciences physiques; il voit les élèves, la figure penchée vers la terre et sondant, non point des rangs d'oignons, comme on pourrait le croire, mais les profondeurs de TÉrèbe; leur autre face, tournée vers le ciel, fait de l'astronomie *. Cette plaisante entrée en matière fait prévoir de quelle façon Aristophane décrira les sciences nouvelles. Mais il ne faut pas que son dédain, réel ou joué, nous induise en erreur. Au travers de ses facéties les plus folles, on peut se rendre compte des changements profonds que de telles études devaient amener dans l'instruction et, par suite, dans la pensée de la jeunesse. Que signifient, en effet, ces railleries sur les travaux auxquels se livrent Socrate et ses disciples, la mesure des sauts de la puce ', l'étude du bourdonnement des cousins ', sinon que la méthode expérimentale commençait à pénétrer dans l'investigation scientifique et dans l'enseignement même? Les élèves apprenaient à se servir de sphères, de compas, de cartes ^. La géométrie, déjà assez avancée, faisait partie des études. Qu'on se reporte à la scène des Oiseaux où l'astronome Méton vient proposer à Pisthétère de tracer le plan géométrique de la ville nouvelle, et l'on verra
i. Nuées, 188, 192 et suiv.