‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 159 sur 242 · Nuées · texte numérisé non relu

Nuées

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que les applications de la géométrie étaient déjà d'un usage courant *. Enfin, la géographie était enseignée à l'aide de cartes sur lesquelles, comme l'indique Aristophane, étaient marquées les différentes régions de la Grèce, ou même, selon le témoignage d'Hérodote, la terre tout entière, avec les mers et les fleuves «. L'instruction d'un jeune homme distingué, assez riche pour payer les leçons de maîtres instruits, comprenait donc une astronomie relativement rationnelle, une physique, une zoologie, la géométrie et la géographie. Quels espaces nouveaux s'ouvraient devant lui, autour de lui, audessus de lui, et quelle lumière engageante et trompeuse à la fois, succédant à l'horizon étroit et ohscur où était enfermée la pensée de ses aïeux!

Mais ce sont ces espaces si brusquement ouverts, c'est cette lumière soudaine que redoutaient les conservateurs. Us ne voulaient pas de cette science, parce qu'elle était libératrice. En s'attaquant aux mystères de la voûte céleste, la science hellénique affranchissait les hommes de la peur des dieux. Dix ans avant la représentation des Nuées, Diopithe avait proposé un décret contre ceux qui ne croyaient pas à l'existence des dieux, ou qui enseignaient des théories sur les choses célestes •; science et impiété étaient donc synonymes. La comédie ne pouvait pas rester en arrière de Topinion; aussi attaqua-t-eile " les savants avec sa mauvaise foi et sa violence ordinaires. Dans les Panoptes, Gratinus prétendait que le philosophe llippon considérait le ciel comme un four et les hommes comme des charbons enfermés dans ce four*.

i. Oiseaux, 1004 et suiv.

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