Nuées, 96, scol
L'ÉDUCATION. LA PHILOSOPHIE, LA RHÉTORIQUE. 29:i
La même plaisanterie revient dans les Nuées à propos de Socrate *, pais dans les Oiseauxk propos de Méton '. Les mêmes légendes passaient d'une comédie à l'autre . quel que fût le personnage auquel on les attribuait, et tous étaient impliqués dans la môme accusation d'athéisme. Socrate, dans les iVwe^5, donne à Strepsiade. en y mêlant les grossièretés inévitables de la comédie, des explications naturelles sur les phénomènes regardés par le peuple comme divins, la pluie, la foudre; ce n'est plus Zeus qui les produit par le seul effet de sa puissance; toutes deux proviennent des nuages gonflés et entrechoqués^. Or, si les phénomènes qui épouvantent ou rassurent les mortels et qui ont sur la vie humaine une influence décisive, s'expliquent par des causes naturelles, à quoi servent les divinités en qui l'imagination populaire les avait jusqu'alors incarnés? Ainsi les recherches astronomiques aboutissent à l'athéisme. Et le& divinités célestes jetées à bas de leur trône éthéré, que deviennent les règles de la justice? Si les astres ne sont que des pierres de feu *, quelle puissance supérieure^ invoquera-t-on pour la récompense ou pour le châtiment? Strepsiade, demandant les leçons de Socrate, veut s'engager par serment à le payer généreusement- « Par quels dieux jureras-tu? répond Socrate. Les dieux sont une monnaie qui n'a pas cours chez nous ^, t> Point de dieux, point de serment. Cependant, le serment était alors, pour des consciences peu délicates et peu sûres d'elles-mêmes — et il est resté depuis — une garantie