‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 16 sur 242 · Cralinus, fr · texte numérisé non relu

Cralinus, fr

qui l'accuse d'avoir de la fortune, s'écrie : t Mais s'il en était ainsi, si mon adversaire avait raison, qu'est-ce qui m'empocherait d'être choisi par le sort, comme un des neuf archontes*? » Ceux-là seuls se mettaient donc dans ce cas , qui avaient un nom ou de la fortune. De toutes les magistratures athéniennes, l'archontat était celle qui conservait le plus fidèlement les traditions aristocratiques. Les archontes appartenaient aux familles les plus opulentes et les plus anciennes d'Athènes. Pendant longtemps môme certaines conditions d'origine et de cens leur furent imposées. A Tépoque d'Aristophane Tobligation du cens avait disparu, mais on exigeait encore que le candidat fût Athénien, d'une famille dont l'origine athénienne remontât à trois générations. La double dokimasie (examen) à laquelle les archontes étaient soumis suffisait à écarter beaucoup de prétendants. En outre, les fonctions des archontes étaient gratuites et absorbantes. Pour être archonte éponyme ou archonle-roi, il fallait être en état de représenter dignement la citédans les cérémonies publiques. Les citoyens richespouvaient seuls accepter cette charge. Encore parmi ceux-là les moins ambitieux seuls désiraient cette distinction qui ne donnait pas une très grande inûuence dans le gouvernement. Toutes ces circonstances expliquant le caractère conservateur de l'archontat. Aussi l'archonte à qui un poète présentait une comédie était-il disposé d'avance à permettre tout ce qui flattait ses préjugés, à interdire tout ce qui les choquait. Il prêtait facilement les mains à la polémique ardente dont les poètes comiques assiégeaient les hommes politiques de la démocratie; il est douteux — nous n'en avons pas d'ailleurs d'exemple, — qu'il eût

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