Nuées, 247 et siiiv
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de moralité. L'homme obéit à la peur de la répression divine et s'attache à sa promesse par un lien terrible, comme Ulysse se faisait lier au mât de son navire, pour ne pas aller vers les Sirènes. £n abolissant les dieux et par suite le serment, les sophistes, aux yeux de leurs contemporains, niaient le devoir.
Mais Socrate, dira-t-on sur la foi de Xénophon et d'Aristote, ne s'occupait que de recherches morales, et pas du tout des sciences de la naturel A vrai dire la question reste encore obscure aujourd'hui * ; les concitoyens de Socrate ont dû s'y tromper. Socrate avait rejeté comme imparfaite la recherche de la vérité au moyen des sciences physiques, mais il les avait étudiées et les connaissait. Il en était de môme des autres sophistes qui, pour d'autres raisons, préféraient à l'enseignement des sciences physiques celui de la rhétorique. Il ne s'ensuit pas que l'opinion se trompât tout à fait sur leur compte; il est probable qu'ils ne refusaient pas à leurs élèves de leur communiquer ce qu'ils savaient de ces études, sans en dissimuler l'infériorité. Les comiques n'ont donc pas fait d'exception pour Socrate; ils l'ont traité comme les autres sophistes. Protagoras et Prodicus qui ne furent nullement astronomes et physiciens et qui dédaignaient de l'être, sont appelés astrologues dans plusieurs comédies. Arislophane donne ce nom à Prodicus dans un passage des Nuées ^; dans ses Pamsiles. Eupolis en dit autant de Protagoras, qu'il appelle € un charlatan tout fier de savoir ce qui se passe
4. Aristoto, Métaphysique, 1, 6, p. 937* ; Platon, Apologie, p. 49 c-d ; Xénophon, Mémorables, I, 1, il; IV, 7, 6.
^. Il y a un témoignage contraire de Platon : Phédon, p. 9Q^, \oyc7, sur cotto question le mémoire de M. Boutroux : t Socrate, fonda Inir de la science morale. » Académie des sciences morales, 1883.