‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 162 sur 242 · Nace · texte numérisé non relu

Nace

L*ÉDnGATION. LA PHILOSOPHIE, LÀ RHÉTORIQUE. 295

au ciel*, sans négliger cependant de manger ce qui vient de la terre >. Le public n'eût pas compris la science représentée d'une autre manière; pour la foule ignorante et superstitieuse, elle consistait essentiellement dans l'explication des phénomènes célestes. Aussi ne distinguait-elle pas Socrate de ses adversaires, t C'est bien toi, Socrate, surnommé le penseur? — dit le Syracusain, dans le banquet de Xénophon. — Cela ne vaut-il pas mieux que si Ton m'appelait l'irréfléchi? — Oui, si l'on ne croyait pas que tu t'occupes des choses du ciel. — Connais-tu donc, répond Socrate, quelque chose de plus céleste que les dieux? — Certes, par Zeus, seulement on dit que tu ne t'occupes pas d'eux, mais dMnutilités *. »

Aristophane a suivi l'opinion publique et a donné à Socrate les travers attribués aux autres sophistes, confondus eux-mêmes avec les philosophes qui les avaient précédés. Le poète met au compte de Socrate des opinions d'Anaxagore, mort quelques années auparavant, et dont les écrits avaient fait si grand bruit que Socrate, dans lApologie^ prétendait, un peu ironiquement sans doute, que tout le monde les avait lus'. Le tourbillon qui a chassé Zeus du ciel et qui règne à sa place, est une plaisanterie d'Aristophane sur une hypothèse d'Anaxagore; c'est le mouvement de révolution de la matière sous l'influence du noos. C'est Anaxagore, et non pas Socrate, qui disait que le soleil est une pierre; enfin les explications des phénomènes célestes que propose Socrate dans les Niiées ont été trouvées par les philosophes et non par les sophistes. Les poètes comiques ne se don-

i. Eupolis, fr. UG^.

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