‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 165 sur 242 · Nuées, 4i5 et suiv · texte numérisé non relu

Nuées, 4i5 et suiv

pensées et de mois imprévus, comme par un essaim de frelons *. La nouvelle invention sert à édifier la fortune des scélérats sur les ruines des braves gens; elle est particulièrement destinée à détruire les lois et la justice*. € Et, n'est-ce pas, dit Socrate, ou plutôt le discours injuste qui parle en son nom, n'est-ce pas un trésor bien préférable à dix mille statères, que de choisir la mauvaise •cause, et de l'emporter néanmoins ^? »

Voici enfm un dernier caractère, et non le moins intéressant, de réducation nouvelle. Ceux qui se livraient aux exercices intellectuels et aux entretiens savants mis à la mode par les sophistes, prenaient en dégoût les «exercices physiques. Dans leur enthousiasme pour la puissance de la pensée, ils en arrivaient à mépriser la force musculaire. Le culte viril du corps, qui était la première préoccupation de leurs ancêtres, était abandonné. Les jeunes gens d'aujourd'hui, dit amèrement le Juste dans les Nuées, passent leur temps à bavarder; ils remplissent les bains et désertent les palestres ♦. Au contraire, Euripide, dans son Autolykos, prenait longuement à partie les athlètes et jugeait leurs exercices frivoles, inutiles même à former des combattants. 11 aurait voulu qu'au lieu de prodiguer les couronnes aux grossiers vainqueurs du disque ou du pugilat, esclaves de Jeur ventre, on les eût données aux savants et aux poètes

i. Nuées, 943 et siiiv.

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