‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 166 sur 242 · Nucet, 987 el slI · texte numérisé non relu

Nucet, 987 el slI

qui sont rornement de leur patrie*. Ces deux passages nous font bien comprendre les deux points de vue opposés des conservateurs et des sophistes en matière d'éducation. Des deux éducations, l'une développait les qualités viriles au risque de laisser l'esprit s'engourdir, et de former des gymnastes bornés et brutaux; l'autre aiguisait l'intelligence au risque d'affaiblir le corps, de pervertir le cœur et d'énerver la volonté.

Et c'est bien là le reproche qu'Aristophane adresse aux sophistes lorsque, renonçant aux plaisanteries, il va au fond des choses et touche le vif de la question. L'éducation qui excite trop les curiosités de l'esprit et qui est trop indifférente à la morale, est nécessairement corruptrice; seule, l'éducation par le respect peut former les jeunes gens à la vertu. Voilà l'antithèse que le poète voulait mettre en lumière, et qu'il a produite deux fois sur la scène, dans les Détaliens et dans les Niiées, Dans les Détaliens^ le jeune homme que son père a envoyé à l'école des sophistes, n'en a rapporté que des boites pleines de procès et des tas de décrets; il en revient amolli par l'abus de la flûte et de la lyre, incapable d'aucun travail sérieux, ne sachant que boire, mal chanter, n'aimant que les services de Syracuse, les .banquets de Sybaris et le vin de Chios '. Dans les Nuées, le poète a repris l'idée qu'il avait déjà conçue et exprimée à ses débuts, pour la développer avec une verve et une force incompajrables. 11 a d'abord imaginé de personnifier l'ancienne et la nouvelle éducation, et de mettre aux prises les deux personnages dans un débat contradictoire où éclatent les vices de l'un et les perfections de l'autre. Le représentant des principes conservateurs

«. Euripi le, fr. 84 (Xauck.).

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