‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 167 sur 242 · Détvli'.ns, fr · texte numérisé non relu

Détvli'.ns, fr

30i ARISTOPHANE.

célèbre dans des vers admirables, et trop connus pour que je ne résiste pas au plaisir de les citer, les v^ertus de la jeunesse dans ces temps si peu éloignés et si différents du temps présent. On n'apprenait qu'à lire, à chanter, à courir et à danser la pyrrhique, mais on était dur pour soi-même, chaste, modeste, respectueux des vieillards, soumis à ses parents; on fuyait les bains, l'agora, les disputes de paroles, et l'on ne pensait qu'à la patrie : l'obéissance était le principe de l'éducation; elle faisait des esprits sensés, des cœurs droits, des corps robustes *. Comparez, au contraire, à Téphèbe d'autrefois, celui d'aujourd'hui. L'un est beau, souple, vigoureux, plein de jeunesse et de santé; l'autre, l'élève des sophistes, est pâle, grêle, vieilli avant l'âge, fatigué par les plaisirs impurs et les ambitions précoces. C'est qu'au lieu de contenir son esprit et ses sens, les maîtres nouveaux leur ont lâché la bride: au lieu du respect on lui a conseillé l'afiTranchissement '. La justice, les dieux, sont une invention des sots; l'homme fort est celui qui a su se mettre au-dessus de tous les préjugés, et, par un long exercice de la rhétorique, se prémunir contre toutes les hostilités, t Vois, jeune homme, dit VInjuste à Phidippide, ce que rapporte la modestie et de quels plaisirs tu vas te priver, jeunes garçons, femmes, jeux de cottabe, soupers, vin, liesse... Viens avec moi, suis tes instincts, danse, ris, sache que rien n'est mal ' ! » Rien n'est mal * ! voilà le dernier mot de Téducation nouvelle; elle aboutit nécessairement à ériger l'indilTéieace morale en règle de conduite.

I 4. Nuées, 961 et suiv.

Page 1