NuéeSy iOOâ et suiv
*• 3. Nuées, i071 et suiv.
i. Nuées f -1078, t vojjLil^e |xri5èv alo/P'^^ ••
La dispute du Juste et de VInjtiste est un brillant morceau de polémique, où Aristophane a développé l'idée fondamentale de la pièce. Il Ta placée au centre de Toeuvre, en pleine lumière, pour en faire mieux sentir l'importance. Mais ce dialogue, si dramatique pourtant, n'est encore que l'exposé d'une thèse: le poète y a, comme dans les Détaliens, ajouté une démonstration par les faits. Dans les deux personnages de Strepsiade et de Phidippide, il a fait voir d'une manière plus saisissante encore les effetsde l'enseignement socratique. Strepsiade et son fils Phidippide représentent les deux générations qui ont pu entendre les sophistes, depuis le moment où commença leur réputation jusqu'au jour où ils eurent perdu Athènes.. Aussi, quel changement de l'un à l'autre! Le père, homme d'une cinquantaine d'années, élevé à la campagne, illettré, dur au travail, sentant l'odeur de retable *, va trouver Socrate, non pour s'instruire, mais pour échapper à la pénible nécessité de payer les dettes de son fils ^. C'est un esprit obtus, une âme vulgaire; il est étranger à toute curiosité intellectuelle comme à toute préoccupation morale; mais il a une sauvegarde dans sa vulgarité. Il s'engoue des leçons de Socrate tant qu'il espère en tirer un profit matériel, mais sa rude écorce en a été à peine effleurée; et, le jour où elles se retournent coatre lui, où il trouve dans son fils un contradicteur et un rebelle, il revient instantanément aux vieilles croyances qu'une folie passagère n'avait pas sérieusement ébranlées ^. Il est de ceux que la sophistique pourra séduire un instant, mais qui ne la suivront pas jusqu'au bout.
i. Nuées, i3 et suiv.; 71-72.