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son père *. » Au moment où Phidippide exprime si naïvement son admiration pour Socrate, Strepsiade en est déjà guéri; lui, ne guérira jamais.
En faisant battre le père par le fils, Aristophane semble avoir voulu pousser sa démonstration à outrance, en dehors de toute vérité. Il faut sans doute faire la part de l'exagération dramatique; mais cette dernière scène des Nuées n'est pas de pure fantaisie. La foule répétait que les sophistes apprenaient auxjeunes gens à mépriser leurs pères; Socrate, dans son procès, dut répondre à cette accusation, t Socrate, disait l'accusateur, apprenait aux fils à outrager leurs pères; il leur persuadait qu'il rendait ceux qui le fréquentaient plus savants que leurs pères, et disait aue la loi permettait à un fils d'enchaîner son père, sll le prenait en flagrant délit de démence; n'est-ce pas une preuve que le plus ignorant peut légitimement être enchaîné par le plus savant '? » Cette phrase de Xénophon n'est-elle pas aussi une sorte de résumé de la scène des Nuées? L'enthousiasme excité par l'enseignement des sophistes dut provoquer des querelles, peut-être des déchirements dans certaines familles. Tandis que les pères. Athéniens du vieux temps, survivants deSalamine et d'Artemisium, tenaient pour les anciennes mœurs et maudissaient les étrangers, qui bouleversaient avec leur science les cervelles de leurs fils, ceux-ci se jetaient avec ardeur dans les bras de ces maîtres pleins de séduction. Plus ceux-ci avaient d'empire sur leurs élèves, plus les discordes domestiques devaient être aiguës. Élevés dans la vraie doctrine, ouverts à des idées plus larges qui leur faisaient voir le monde sous un autre jour, ils prenaient en pitié leurs
\. Nuées j 1399 et suiv.