Chevaliers, 537 et suiv
de son style et l'éclat de son lyrisme, mais que son ivrognerie et sa vie crapuleuse avaient rendu méprisable *. A côté de ses prédécesseurs, Aristophane ne manque pas de critiquer d'un mot piquant les défauts de ses émules, Eupolis *, Phrynichus', Hermippe*, Amipsias ", leur manque d'invention, la trivialité de leurs plaisanteries, la bassesse de leur priapisme •. Parmi ces querelles des poètes comiques, deux surtout ont laissé une trace dans l'histoire littéraire, celle d'Aristophane et d'Eupolis à propos de leur collaboration aux Chevaliers, et celle de Cratinus et d'Aristophane après la représentation de cette même pièce. Aristophane et Eupolis, jeunes tous les deux, liés, à ce qu'il semble, par la communauté de leurs idées, se communiquaient leurs pièces; Eupolis connut la comédie des Chevaliers avant la représentation ; il en écrivit même pour son ami la seconde parabase ''. On ne sait jusqu'où alla cette collaboration qui ne dura guère. Deux ans après, les deux poètes étaient brouillés, et d'amis devenus rivaux. Eupolis, en 420, ayant à peindre Ilyperbolos dans son Maricas, le fit assez semblable à l'Agoracrite des Chevaliers, et ne craignit pas de reproduire quelques passages, ou môme le plan de la célèbre comédie, comme si elle lui appartenait ; plus tard, en 415, il affirmait encore le droit que lui donnait sa collaboration d'autrefois, et se disait l'auteur des Chevaliers : — € Moi qui ai composé ces fameux Chevaliers avec ce chauve — c'est ainsi qu'il désigne Aristophane — et qui
1. Chevaliers, 526 et suiv. ; Paix, 702-703; Grenouilles, 357.