Chevaliers, scolie au vers 429i ; Nuées, 553« scoCe
lui en ai fait cadeau *. i Aristophane n'avait pas attendu cette déclaration pour reprocher à Eupolis son plagiat. Il Taccusa, dans la parabase des secondes Nitées ', après le Maricas, d'avoir copié sa pièce en la défigurant. De son côté, Cratinus ne voulut pas rester sous le coup des plaisanteries dont Aristophane l'avait poursuivi dans les Chevaliers, tout en vantant son génie défunt. On sait comment le vieux poète se défendit, en écrivant la Bouteille, où il attaquait à son tour Aristophane, l'accusant d'être le plagiaire d'Eupolis et l'imitateur d'Euripide •.
Autant les poètes comiques étaient divisés quand il s'agissait de la comédie, chacun alors combattant pour sa propre réputation, autant ils savaient s'unir contre les autres poètes qui leur disputaient la faveur du public. Ils ont beau s'injurier entre eux, se jeter à la face les sarcasmes les plus blessants et se traiter de Turc à More, tous sont d'accord pour décrier leurs rivaux, musiciens, auteurs de dithyrambes, poètes tragiques, dont les œuvres se jouaient comme les leurs, au théâtre ou à rOdéon. Ils le faisaient par esprit de corps, afin de nuire aux renommées qui les inquiétaient, mais aussi parce que la musique et la poésie lyrique et tragique avaient un rôle prépondérant dans l'éducation de la jeunesse. On est frappé, en lisant les comiques, de Tattention qu'ils donnaient aux transformations de la musique contemporaine, et de la sévérité de leurs jugements. Ces écrivains
i. Eupolis, fr. 78.