Grenouilles, 1301 et suiv
:y:Â akistophane.
primitif, qui était devenu rheplacorde dans Ja belle p'riodo du lyrisme, et à qui on avait fait comprendre l'intervalle d'octave, s'était enrichi de tons nouveaux, par l'addition de cinq cordes *. Cette révolution se fit au temps d'Aristophane, et les poètes comiques se mirent à la déplorer comme une profanation. Dans un passage souvent cité de Phérécrate, la musique se plaignait des mauvais traitements que les compositeurs modernes lui avaient fait souiîrir ; sa pureté primitive en avait été souillée; et, vierge jusqu'ici, elle venait de subir la violence.
C'est qu'en multipliant les intervalles, on avait multiplié les nuances du son et rendu la musique plus capable de rendre les nuances du sentiment. De candide qu'elle était auparavant, elle était devenue savante; elle connaissait la passion et la tendresse. L'harmonie primitive était tendue*, l'harmonie nouvelle était lâche*; le chant se poursuivait jadis régulièrement, en droite ligne pour ainsi dire; aujourd'hui, il suivait une courbe capricieuse. Cette même métaphore revient à plusieurs reprises, non seulement dans le passage de Phérécrate, mais encore dans Aristophane, pour définir la musique nouvelle. Phérécrate reproche à Cinésias ses inûexions contraires aux lois de l'harmonie, ses dissonances; à Phrynis, le mouvement giratoire qu'il a imposé à la musique; à Timothée, sa composition musicale tortueuse comme un sentier de fourmis*. L'image de la courbe opposée à la ligne droite se trouve dans Aristophane à propos de Phrynis^, et celle du sentier de four-
i: Phérécrate, fr. 145.