‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 178 sur 242 · Nuées, 971; cf. Nuéa · texte numérisé non relu

Nuées, 971; cf. Nuéa

L'ÉDUCATION. LA MUSIQUE^ ET LÀ POÉSIE. 32j>

mis à propos d'Agathon ' . De tous ces raJ>prochement5 se dégage l'idée de quelque chose de plus compliqué et de moins clair. Supposez que, pour comparer la musique moderne' à celle du moyen âge, vous mettiez une page de plain-chant, blanche, marquée de quelques notes presque en ligne droite, à côté d'une page de musique contemporaine, chargée de points noirs qui danserit dans toutes les directions, et vous aurez peut-être une idée des images qu'employaient les poètes comiques, et de la réalité qu'elles prétendaient exprimer.

Mais on voudrait avoir des renseignements plus précis sur les changements dont s'indignaient tous les conservateurs, et pouvoir en parler autrement que par des images. Ils soutenaient que la musique était devenue sensuelle et efféminée. Les chœurs d'Euripide, dit Aristophane, sont empruntés aux mauvais lieux et aux lamentations funèbres'; Gnésippe forme ses chœurs, dit Gratinus, avec des femmes qui égrènent, sur le mode lydien, des mélodies obscènes '. t Quels doux chants, s'écrie Mnésiloque, dans les ThesmophoreSy après avoir entendu un prélude d'Agathon; ils sont doux comme des femmes, suaves et lascifs comme des baisers donnés langue contre langue; en les écoutant, j'en suis chatouillé jusqu'au fondement ♦. » Je n'ai pu rendre dans toute sa brutalité le langage des deux poètes. Ces invectives grossières, mêlées de calembours, signifient simplement qu'avec les instruments asiatiques, les modes musicaux les plus passionnés, le phrygien, le lydien et leurs composés, étaient plus employés, et que la musique

i . Thesmopho7'es, 68.

2 Grenouilles, 1301-1303.

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