Lysias, De crim. latg , I
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pas aux chorèges leur ladrerie. S'ils avaient eu à se plaindre d'eux, ils ne manqueraient pas de les tourner en ridicule dans leurs prochaines comédies. Très soucieux de la fortune publique quand il s'agissait de la solde des juges ou des ambassadeurs, ils n'admettaient pas qu'aucune prodigalité fût dangereuse si elle était faite pour le théâtre. Aussi la crainte du ridicule et la vanité amenèrent peu à peu les chorèges à des dépenses excessives. Nous savons par les comiques cequ'était la chorégie primitive, à l'époque où l'on donnait au chœur pour se vêtir des étoffes usées, de simples couvertures *, et où les choreutes dansaient, portant sous le bras, afin de ne pas les perdre, les morceaux de viatide, les saucisses et les raves qu'un chorège peu prodigue avait distribués pour se régaler ^. Plus tard, les choses avaient bien changé. Le malheureux chorège, pour subvenir aux frais des vêtements brochés d'or dans lesquels les choreutes se pavanaient, portait lui-môme des guenilles ^, Malheur au chorège qui ne voulait pas se ruiner! Il était signalé au public, sans pitié, t Avez-vous jamais vu un chorège plus ladre que celui-là, s'écrie Eupolis*, » et Aristophane persifle un certain Antimaque qui, à la fôte des Lénéennes, s'était permis de laisser partir le chœur sans lui offrir à dîner *; il lui souhaite de mourir de faim devant un dîner appétissant. Chorèges et poètes étaient donc intéressés à se satisfaire mutuellement, les uns par leurs largesses, les autres par leurs services.