Antiphane, Ir
i. Eu polis, fr. 306.
5* Acharuiens, lloO et suiv. ; Oiseaux, 890, scoU
4i STOPHANE.
Cependant, quelles que fussent les opinions et l'influence de l'archonte et du chorège, ils n'étaient pas les arbitres souverains de la scène. Les poètes avaient un maître plus puissant, le public, qui pouvait sans doute exiger que la comédie lui plût. Le peuple avait à sa disposition, pou»* faire obéir archontes, chorèges et poètes, les décrets dans l'assemblée et le sifflet au théâtre. Comment donc ce public, très populaire apparemment, puisque grâce aux deux oboles par jour fournies par l'État, les citoyens les plus pauvres pouvaient passer au théâtre les trois journées consacrées aux représentations, tolérait-il que des inconnus, des enfants de vingt ans, sans nom, sans fortune, sans état, eussent l'audace, parce qu'ils étaient les amis et les créatures des riches, de le railler effrontément, et avec lui les magistrats et les institutions démocratiques? De tous les contrastes qu'offre la comédie ancienne, voilà sans doute le plus étrange.
Sans doute, dans son ensemble, le public était composé de la masse des petites gens. Ce sont évidemment des artisans de l'agora ou des marins du Pirée, ces spectateurs auxquels s'adresse le poète Phérécrate, qui engloutissent à l'envi le vin et les gâteaux que Ton faisait circuler pendant la représentation, aux frais de l'État ou du chorège*. C'est évidemment â un public V très mêlé qu'étaient destinées ces ordures et ces calem- J bredaines dont le poète se croyait obligé d'orner ses