‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 181 sur 242 · Paix · texte numérisé non relu

Paix

était comme son corps, léger et diaphane; c'était le génfe de l'invisible et de l'inefTable.

Philoxône, un autre compositeur non moins fameux, paraît avoir aussi, après Cinésias, cherché des formes et des idées nouvelles. Son poème du Banquet était célèbre*. C'était sans doute le signe d'un changement profond dans le goût et dans les mœurs, que de voir tout un poème en grands vers lyriques consacré à la description d'un repas, description minutieuse, en termes à la fois ornés et précis, avec un mélange curieux d'exactitude, d'ironie légère, de pompe, et une extrême richesse de composés pindariques. Le poète semble se jouer de son sujet et des magnificences lyriques dont il use pour le traiter. Le Banquet de Philoxéne fit beaucoup de bruit; la comédie y vit un scandale, et le poète Platon, sans doute pour montrer par un exemple saisissant où était tombée la poésie lyrique, parodia un passage du poème dans des vers d'une répugnante obscénité *.

Le Cyclope de Philoxéne n'était pas moins révolutionnaire. Ce poème, qui tenait à la fois du dithyrambe et du drame, où se succédaient, dans une forme très libre, la description, le dialogue, la chanson d'amour, n'avait pas, semble-t-il, d'analogue dans la littérature grecque. La musique que le poète composait sur ses paroles avait le même caractère de liberté; dans un autre poème, les MysienSy il passait d'un mode à l'autre, du mode dorien au mode phrygien, c'est-à-dire du calme à la passion, pour faire mieux ressortir le contraste des sentiments '. Il se plaisait même à écrire de la musique imitative, en reproduisant les modulations de la flûte du Cyclope.

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