‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 183 sur 242 · Grenouilles, 92 et suiv · texte numérisé non relu

Grenouilles, 92 et suiv

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dans la comédie ancienne. Voyons donc ce qu'Ansto-' phane et ses confrères pensaient de la tragédie et de ses représentants. Je me placerai, pour juger sa critique» en 405, après la mort d'Euripide et de Sophocle, . au moment oh. Aristophane, dans les Grenouilles^ et- Phrynichus dans les Muses, faisaient à leur manière l'oraison funèbre de la tragédie, comme si elle était morte avec les deux illustre? tragiques. C'est de ce point où avait abouti la tragédie, après une carrière d'un siècle, que la critique d'Aristophane pouvait le mieux embrasser tout le passé et constater 'le progrès ou la décadence.

Dans cette revue comique des poètes tragiques, je ne ferai que citer les figurants pour arriver plus vite aux véritables acteurs. On voit cependant passer dans les pièces d'Aristophane d'amusantes silhouettes d'auteurs, qui font quelques gestes drolatiques et disparaissent. On voudrait connaître un peu mieux chacun de ces personnages grotesques : Hiéronymos, lascif et velu cpmmè un centaure*, dont les sombres* tragédies sont remplies d'apparitions terribles; Théognis, si froid que la Thracé se couvre de neige et que les fleuves charrient des" glaçons le jour où Ton représente ses pièces*; Morychos le glouton •, Sthénélos, plat, pauvre et plagiaire, qiie la njisère et ses échecs obligèrent à vendre sa défroque dramatique*; Philonidès, robuste et ètuy p'idé comme un âne*; Philoclès, auteur de vers rudes et

' i, Aclmmiens, Z^Q; Nuées, H^-^.

.2. AchamienSfii, iZS; The$mophor es, ilQ. . .

.3. Acharniem, 883 et suiv.; Guêpes, 5U6, H42; Paix, 1008; Platon, fr. 106.

4. Guêpes, ms, Oérytadés.'îr. -loi; Platon, fi». 6T,428. 8. PlutuSf 179; Platon, fr. 64; Théopompe, fr. 4, 5; Nicocharès, fr. 3; Philyllios, fr. 23. . ' .

mal bâtis*; Carcinus et ses quatre fils, l'un, Xénoclès, mauvais poète, dont les pièces se faisaient remarquer par la mise en scène, les autres, danseurs lilliputiens ^; d'autres encore, comme Morsimos', Acestor*, Melanthios*, sur qui tous les coiniques se sont acharnés, l'un parce qu'il était d'origine étrangère, les autres on ne sait pour quelle raison. Rien n'est resté de tous ces écrivains médiocres, et il est impossible de voir à travers les injures, les sobriquets et les anecdotes des poètes comiqueç à quelle école ils se rattachaient, Je ne les ai cités que pour donner une idée de la vie des poètes et de leurs disputes au temps d'Aristophane. Un peu au-dessus de ces inconnus se distinguent quelques noms : celui d'Ion, le poète brillant et pompeux que le public, parodiant le début d'une de ses œuvres, comparait ironiquement à un astre®; celui d'Iophon, fils de Sophocle, pour qui Aristophane témoigne quelque estime'.

Mais voici un personnage plus illustre, bien qu'il ne soit cité nulle part dans les fragments de la comédie ancienne — Aristophane, Platon et Aristote ont du moins paru en faire cas, — c'est le poète tragique Agathon, cet élégant à la figure rasée, à la peau blanche, vêtu d'une longue robe ®, très épris de sa personne et de son art, écrivant avec un soin extrême des pièces d'une

4. Gratinus, fr. 292; Téléclide, fr. 44; Guêpes, 465; Oiseaux, 284; Thesmophores, 468.

2. Guêpes, ISOO et suiv. ; Poix, 781 et suiv. ; Thesmophores, 4C9, 4iO et suiv. ; Grenouilles, 86.

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