‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 184 sur 242 · Thesmophores · texte numérisé non relu

Thesmophores

iO.

poésie molle et raffinée*, type de ces écrivains de décadence qui à défaut d'autre vertu ont le culte du distingué et rhorreur du convenu. Son style chargé d'antithèses, à la manière de Gorgias', sa musique aux cadences savantes, comme celle des maîtres récents, la tendresse féminine qu'exhalaient ses tragédies, son souci évident d'être original donnent le désir de le mieux connaître. L'idée seule qu'il a sans doute eue le premier et qu'il a réalisée dans sa tragédie intitulée la Fleur, d'abandonner les mythes et l'histoire pour traiter un sujet de pure imagination, témoigne pour lui'. On s'explique aisément que Platon lui ait réservé une place dans son Banqmt^ et qu'il lui ait fait prononcer un éloge sophistique et charmant de l'amour. Eros va devenir le personnage principal de la tragédie, et il est permis de croire que le poète qui en parlait si bien dans une conversation entre hommes d'esprit, n'a pas manqué de lui donner un rôle dans ses pièces, c Tout homme devient poète, même s'il n'a jamais connu les Muses, dès qu'il a été touché par Eros*. • Ces paroles que Platon prête à Agathon, et qui se trouvent en même temps dans un fragment de la Sthénébée d'Euripide*, conviendraient assez pour caractériser l'esprit nouveau qui inspirait l'art hellénique, celui d'Agathon comme plus tard celui de Praxitèle.

Aristophane, qui a si spirituellement tracé le portrait d'Agathon, l'a traité, malgré quelques grosses plaisanteries sur ses mœurs efféminées, avec une bienveillance

i. Thetmophoreê, 53 et suir.

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