Euripide, Suppliantes
3. Les trois fragments des poètes comiques relatifs à Euripide, qui nous sont restés, ont tous les trois pour objet, chose curieuse, l'amitié de Socrate et d'Euripide.
manière de Socraîe K La lutte d'Aristophane contre Euripide n'était donc qu'un épisode de la guerre qu'il avait déclarée aux sophistes et à Socrate.
Ces raisons générales ne suffiraient peut-être pas à expliquer la persistance des insultes d'Aristophane. Il a certainement poursuivi dans Euripide le rhéteur et le philosophe, mais sans doute aussil'homme qui lui était antipathique, le poète dont il jalousait la popularité. On .sent dans quelques passages cette antipathie pour la personne d'Euripide. A plusieurs reprises, Aristophane se moque de sa longue barbe blanche, de son extérieur négligé 2 ; on sait d'ailleurs qu'Euripide était triste et sévère, un misérable^ dit Aristophane, très différent de Sophocle, dont le poète comique vante au contraire la bonne grâce •. Euripide n'aimait pas les poètes comiques, si l'on en juge par ces vers oii il s'agit probablement d'eux : € Il y a beaucoup de gens qui veulent faire rire et cherchent à plaire par la raillerie ; pour moi je hais ces mauvais plaisants qui ôtent le frein à leur bouche pour insulter les sages. » Il ne serait pas étonnant que dans ces vers Euripide eût voulu designer Aristophane *.
Malgré l'indépendance de ses idées et de sa vie, Euripide avait une très grande popularité. C'est à lui qu'allaient les jeunes, séduits par la nouveauté de ses œuvres ^ ; c'est lui que la foule recherchait * pour le pathétique de ses mélodrames, la variété de ses inventions, la har-