Nuées, 4361 et suiv, 6. Grenouilles
diesse de ses idées. Beaucoup de ses Ters étaient dans toutes les mémoires ; on les répétait dans certaines circonstances, comme l'expression du sentiment athénien. Lorsque Euripide fut descendu aux Enfers, il donna, dit Aristophane, une représentation aux voleurs, aux coupeurs de bourse, aux parricides et aux chenapans qui y foisonnent ; ses discussions, avec leurs tours de passepasse, les ravirent ; ils le proclamèrent le plus habile des poètes '. > Les juges des concours préféraient avec raison les œuvres plus saines et plus parfaites de Sophocle, mais si Euripide était vaincu dans les concours, il triomphait dans l'opinion. Il entrait dans sa renommée autant de curiosité que d'admiration ; Tardeur de ses partisans était excitée par la résistance de ses adversaires; les luttes engagées autour de son nom le sacraient chef d'école. Il semble que ce rôle ne lui déplût point. Venu après Eschyle et après Sophocle, il aurait eu la prétention de les faire oublier; il aurait voulu prendre dans la poésie dramatique la première place occupée jusque-là par Eschyle, et y introniser avec lui la tragédie nouvelle, c Excité par les applaudissements de la popula(.e des Enfers, il s'empara du trône où siégeait Eschyle '. • Les critiques du théâtre d'Eschyle, qu'Euripide a trouvé le moyen d'introduire dans quelques-unes de ses pièces^ prouvent qu'en ce point Aristophane ne le calomnie pas. Les raisons ne manquaient donc pas à Aristophane, ou de détester Euripide, ou au moins de le dénigrer. Attaquer Euripide, c'était continuer la campagne engagée contre l'esprit nouveau, mais c'était aussi attacher son nom à celui du grand tragique et attirer sur soi toute la curiosité qu'il éveillait. Aristophane, encore presque