GrenouilUt
L'EDUCATION. LA MUSIQUE l^T LA POÉSIE. 330
adolescent, débuta dans les Acharniens par une satire d'Euripide, et ce début fut un coup de maître. Il trouva le procédé commode, et il s'en servit dans presque toutes ses pièces : bafouer Euripide devint une des formules dQ la comédie aristophanesque ^ Il en usa dans la plupart de ses pièces, et lorsque enfin Euripide mourut, cette mort, survenue la môme année que celle de Sophocle, lui fournit naturellement le sujet des Grenouilles. On peut donc juger de la réputation d'Euripide par le nombre même des parodies d'Aristophane. Il a tourné en ridi* cule, tantôt les citant, tantôt parodiant quelques vers, tantôt rappelant des scènes entières, jusqu'à trente-trois pièces d'Euripide. Le souvenir de ces pièces était si vivant, qu'Aristophane pouvait reprendre et parodier celles qui remontaient à vingt ou trente ans. Alceste fut représentée en 438 et on en trouve des parodies dans les Acharniens en 425 et dans les Thesmophores en 410. Telèphe est aussi de 438, et Aristophane l'a rappelé dans les Acharniens et dans les Grenouilles. Les tragédies les plus célèbres d'Euripide, — Alceste^ Telèphe, Bellérophon^ Médée, Bippolyte, Sthénébée^ — reparaissent ainsi dans presque toutes les comédies d'Aristophane, qui s'en emparait dès le lendemain de leur représentation, pour intéresser le public. Dans les ThesmophoreSy en 410, il insiste particulièrement sur le Palamède, qui date de 415, sur r Andromède et VHélène qui sont de 412. Après la représentation, la pièce avait un succès de lecture. Dionysos raconte plaisamment dans les Grenouilles, qu'étant sur un navire pendant la bataille des Arginuses» au lieu de se battre» il lisait V Andromède d'Euripide *•