‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 189 sur 242 · Grenouilles · texte numérisé non relu

Grenouilles

Tous ces faits expliquent les critiques cP Aristophane; elles eussent sans doute été moins vives «1 moins fréquentes si lés vers d'Euripide avaient été moins applaudis ^'i moins connus.

Quelles sont donc ces critiques, et quels renseignements y trouvons-nous sur la nature du génie d'Euripide et sur le goût littéraire d'Aristophane? Laissons d'abord de côté toutes les allusions à la vie privée d'Euripide, sujet inépuisable d'injures qui se répétaient toujours, et dont personne sans doute ne se lassait, m l'auteur ni le public. Elles ne changent, d'ailleurs, absolument rien à ce que nous pouvons savoir d'Euripide, d'après ses œuvres. Qu'il fût donc le fils d'une mar- ■chande d'herbes * , qu'il n'ait pas été heureux en ménage *, que le même homme, Céphisophon, ait été à la fois son collaborateur et l'amant de sa femme * — et c'est à cela ^ue se réduisent toutes ces plaisanteries — il nous importe peu, et ce n'est point sur la seule foi d'Aristophane que nous y croirons. Arrivons donc à ce qui touche de plus près au caractère et au talent du poète.

Aristophane en veut d'abord au style d'Euripide; il lui reproche son bavardage*, sa subtilité, sa casuistique, l'abus des distinctions, des divisions, son art de couper un fil en quatre, les analyses minutieuses et cap-

i. Achamiens, 457, 469, ^78; Chevaliers, 19; Thesmophores ^ S37, 4." 6; Grenouilles j 84 U.

"2. Grenouilles, 1U48.

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