Phérécrate, f. 93; cf. Alhén., XI, /.Ci f
comédies les plus sérieuses. C'est par là qu'il avait auprès du public ignorant l'accès le plus facile et qu'il obtenait des éclats de gros rire. Au temps glorieux de Salamine, les marins ne discutaient pas avec leurs cliefs, dit Aristophane, mais ils avaient d'autres plaisirs. Ils aimaient, en ramant bravement, à péter au nez des rameurs placés au-dessous d'eux, et pendant les repas à embréner leur camarade de gamelle *. Le poète se croyait obligé de prendre modèle sur eux, pour leur plaire.
Il importe cependant de distinguer les éléments divers dont ce public se composait. En tout temps il y avait là les représentants des famijles nobles et riches, tous ceux dont les contributions volontaires ou forcées payaient les réjouissances du peuple. Il y avait, à l'autre extrémité, la populace de la ville et celle des ports, et, entre ces deux partis extrêmes, les paysans de l'Altique accourus à la ville pour les fêtes. Pendant la célébration des Dionysies, on voyait en outre au théâtre les députés des villes sujettes ou alliées qui venaient payer le tribut, et tous les étrangers qui avaient affaire à Athènes ^ C'était une foule énorme, innombrable, dit Aristophane ^D'aprèsPlaton, il pouvait s'y rencontrer plus de trente mille spectateurs *.
Cette variété du public laissait au poète plus de liberté. Mais une partie seulement de cette foule s'intéres>ait passionnément aux diatribes politiques et aux attaques personnelles de la comédie ; le plus grand nombre ne demandait qu'à rire, sans trop s'inquiéter de savoir aux dépens de qui. Pour tous, les injures et les violences passaient, emportées par l'universelle gaîté, comme des
i. Grenouillea, 1074 et suiv.