Grenouilles, 939 et suiv, ; 9o4 et suiv. . ^ . : v
tuné Thyeste *, voici le vieux Œnée dépouillé de son royaume, proscrit, couvert de haillons '; voici le vertueux Phénix, les yeux crevés par son injuste père, n'ayant, contre la douleur, d'autre refuge que le suicide '; puis, Philoctète avec son éternelle plaie *, l'imprudent Bellérophon, désarçonné par Pégase et traînant sa jambe boiteuse ', le roi Télèphe blessé, indigent, mendiant à la porte du camp des Grecs *. Ce sont les seuls qu'Aristophane ait nommés; il aurait pu prolonger l'énuraération. Ce poète, qui avait la prétention de peindre la vie réelle, s'est plu à développer les fables les plus romantiques. Pour conclure, Aristophane l'appelle f fabricant de boiteux et raccommodeur de bardes > ^ Ce n'est rien encore; ces mélodrames n'auraient que le tort d'être vulgaires; ils seraient, d'ailleurs, inoffensifs. Mais Euripide est en même temps un poète corrupteur. Ses pièces sont pleines de maximes inspirées par le scepticisme contemporain; comme son ami Socrate, il ne croit pas à l'existence des dieux '; il déclare le ciel vide et invoque l'éther comme la divinité suprême »; il doute de la distinction du bien et du mal, il proche le parjure et l'impiété '®. Avant lui, la tragédie ne racontait que des aventures et des souffrances héroïques; le protagoniste en était toujours un guerrier ou un roi; Euripide, en s*écartant de cette tradition, l'a avilie. Cet