Thesmophores, 272 ; Grenouilles
iO. Thesmophores, 275.
ennemi des femmesUeur a donné, dans le drame, une place qui ne leur convenait pas, et, en môme temps ^qu'elles, il y a introduit la passion impure et dissolvante entretoutes,ramour*Avec Euripide, les événements tragiques ne se passent plus dans un palais, mais dans une alcôve. Au lieu de ne peindre que des femmes simples, soumises et vertueuses, une Pénélope, par exemple ^ il a choisi les plus présomptueuses, ou les plus romanesques, ou même les plus coupables. En voici une, Mêlanippe, tout imprégnée des leçons d*Euripi«le, qui disserte savamment sur la vie et sur la mort ' ; en voici une autre, Andromède, qui se pâme aux bras de Pers^e, son sauveur et son amant ^ ; c'est Euripide qui a imaginé de mettre au théâtre la passion incestueuse ('e Phèdre pour Hippolyte '; la mort de Slhénébee jetée à Teau par Bellérophon, qu'elle a faussement accusé, qu'elle aime éperdument et qui vient de se venger d'elle* ; le suicide de Macarée qui a violé sa sœur Canacé et se tue sur son cadavre 7; l'accouchement d*Augé, prêtresse d'Alhéna, dans le temple de la déesse '. Les délice^ de la passion partagée, les tourments de la passion dédaignée, les hontes de l'adultère et de l'inceste, Euripide a osé tout peindre ; le théâtre de ce poète proxénète est le théâtre des filles et des entremetteuses. A la (in des Thesmo/iho» res, aprèsavolr été successivement Écho, P^rsée, Mené» las, Euripide se transforme en une vieille entremetteuse : c'est sa dernière incarnation.
i. Thesmophoret, 85, 389 et suiv., 5i5 et suir«