‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 195 sur 242 · Grenouilles, 939 et suiv · texte numérisé non relu

Grenouilles, 939 et suiv

que le poète s'y intéresse et la décrive; par cette porte ouverte. Je mal, le laid, l'immoral peuvent pénétrer dans la tragédie et la pervertir. Lorsque Eschyle blâme Euripide d'avoir peint la passion incestueuse de Phèdre, celui-ci croit répondre victorieusement en répliquant : € Est-ce que ce que j'ai dit de Phèdre n'est pas vrai * ? » Ainsi, Aristophane a posé le premier, avant Platon, iSL question des rapports de l'art et de la morale; mais il ne la discute pas. Eschyle et Euripide sont d'accord pour déclarer que la poésie doit chercher à rendre les hommes meilleurs ^ ; seulepaent, le premier reste fidèle à sa théorie tandis que l'autre l'oublie. Aristophane, d'accord en ce point avec ses contemporains, et fidèle à la tradition antique, ne pensait pas que la question pût être résolue autrement; le rôle de l'artiste, dit Euripide, est de savoir conseiller le bien avec talent. Mais, conseille-t-il le bien, le poète qui décrit les passions les plus pernicieuses, et a-t-il le droit de s'en excuser en alléguant que ces passions existent? Euripide se contredit donc et se réfute lui-même; ses principes sont la condamnation de son œuvre. Sa position eût été plus forte s'il n'avait pas accepté si facilement ce principe qu'Eschyle a ensuite le droit de lui opposer. Il n'y a point de rapports nécessaires entre l'art et la morale, aurait-il pu dire. La morale a pour objet ce qui doit être, l'art a pour objet ce qui plaît; et comme ce qui plaît peut se trouver tout autant dans ce qui est que dans ce qui doit être, il arrivera parfois à l'art, en peignant ce qui est, d'être en contradiction avec la morale, sans qu'il ait failli à son principe. La morale et l'art suivent des voies différentes, et ne sont pas obligés de se rencontrer. Mais en fait, les. deux ch.en()ins

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