Eupolis, fr
Pour flétrir Callias en môme temps que pour satisfaire une vengeance personnelle et répondre aux plaisanteries d'Aristophane, qui lui reprochait d'avoir pactisé avec les riches débauchés d'Athènes *, il écrivit, un an après les Parasites, en 420, une autre pièce également célèbre, VAutolykos. Cet Autolykos était l'adolescent que Xénophon montra plus tard, au début du Banquet, revenant des Panathénées où il avait été vainqueur au pancrace. Le riche Callias, son amant, le conduit avec son père dans sa maison du Pirée, où il doit donner un festin en son honneur. Socrate, Charmide, Antisthène, ont accepté d'être au nombre des convives. Tous font cortège au jeune garçon qui vient de s'illustrer par un beau triomphe, et au noble citoyen qui l'a choisi pour ami, Autolykos, encore enfant, ayant sur les joues la rougeur d'une modestie virginale, attire tous les regards; son éclatante beauté fait autour de lui un silence de recueillement et de désir. Bientôt cependant la conversation s'engage, légère et exquise, conversation d'artistes et de philosophes, que semble présider l'enfant impubère, Eros vainqueur. Scène charmante et inquiétante à la fois, où la candeur de l'imagination met au vice un rayon et un sourire. Ëupolis, qui n'avait rien à dissimuler, et qui cherchait à déshonorer ses adversaires, conduit le bel Autolykos dans une sorte de lupanar, tenu par son père et par sa mère, où il reçoit les baisers et l'argent de ses amoureux*.
Voilà ce qu'était la peinture des mœurs dans ces comédies où les poètes ont attaqué les citoyens riches qui ne faisaient pas cause commune avec l'oligarchie, Léogoras, le père d'Andocide, un des élégants d'Athènes,