Notice 3 (Didot); Athénée, X, p. 42C
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Tavait créée Épîcharme, opposée à la comédie satirique. , Phérécrate, poète de grand talent, à en juger par le peu qui nous reste de lui ', alla plus loin dans cette voie.. Sans abandonner la satire, comme Cratès, il fut en même temps un peintre de mœurs. Les titres de ses pièces sont parfois significatifs dans ce sens; plusieurs sont des noms de courtisanes. Dans une de ses pièces, intitulée Koriannô, il nous fait assister à un dialogue entre deux filles dont l'une, assoiffée, attablée devant des brocs de vin, ne cache pas les goûts peu relevés de la corporation '. D'autres fragments nous laissent entrevoir la dispute d'un père et d'un fils amoureux de la môme courtisane, un des sujets favoris de la comédie nouvelle '. Phérécrate n'est d'ailleurs pas le seul poète de la comédie ancienne qui ait songé à décrire la vie et les mœurs des prostituées : Thalatta de Dioclès, Antillis de Céphisodore, sont des pièces de ce genre; la fameuse Laïs jouait un rôle, important peut-être, dans les Macé' doniens de Stratlis; Pamphila, les Hôtelières de Théopompe, les Sœurs outragées d'Alcée, font songer à la comédie de Ménandre;il y avait une pièce sur les AphrodisieSj fête des courtisanes.
Phérécrate avait imaginé le premier — la pièce est de 420 — un sujet plus intéressant et plus neuf, en écrivant sa comédie les Sauvages, où, prenant la contre-partie d'un , thème habituel à la comédie ancienne, il opposait la vie' des Athéniens à celle des non civilisés, et montrait les avantages de la première sur l'autre. La pièce était comme une suite anticipée de notre Misanthrope, Les
1. Athénée l'appelle Vaitique par excellence c &TTtxoj?aToç >» Vf,' p. 2680.