iMiérécratc, fr
LBS U0BUB8. . 365
-misanthropes de Phérécrate, après avoir fui Athènes, dont la perversité les indignait sans doute, et après avoir goûté de l'existence des sauvages, se félicitaient de revenir dans leur patrie, au risque d'y rencontrer des scélérats. Cette éducation savante, ces tribunaux, ces lois, dont les poètes comiques aiment tant à se moquer, sont, disait-il, des biens inestimables, qu'on regrette jquand on les a perdus '. C'était là un heureux sujet de comédie, fertile en tableaux de mœurs, et qui répondait aux préoccupations de ce temps. A mesure que les Athéniens s'attachaient davantage à cette culture intellectuelle représentée chez eux par la tribune, le théâtre, la philosophie, et les réunions mondaines, ils sentaient l'antique vertu s'affaiblir et les mœurs se pervertir en même temps qu'elles devenaient plus douces. De là cette préoccupation des avantages et des dangers de la science et de la richesse, qui se rencontre dans les tragédies d'Euripide comme dans les comédies d'Aristophane et dans les dialogues de Platon. Une société trop polie dégoûte de la société; il n*y a de misanthropes que chez les civilisés; c'est pour cela qu'Athènes avait les siens, qui voulaient, comme le nôtre, fuir dans un désert. La même année furent représentés les Oiseaux d'Aristophane et le Monotropos de Phrynichus. Les deux personnages des OiseatuCf Évelpide et Pisthétère, ne sont pas des misanthropes, mais des Athéniens désabusés et \çonfiants, en quête d'un éden imaginaire. Dans son Monotropos, Phrynichus avait eu l'idée de peindre un personnage t>ien connu. Timon le misanthrope, que beaucoup de gens se plaisaient à imiter, par vanité. C'est un personnage qui convient à la comédie de mœurs