Platon, Prolagorai, p
plutôt qu'à la comédie politique» cet homme dont parle Phrynichus, qui vit seul, sans femme, sans esclave, irascible, inabordable, grave, muet, immuable S depuis, le type en est resté dans la littérature. Nous le retrouvons dans la Lysistrata d'Aristophane, esquissé d'une main vive et adroite, t 11 y avait une fois, dit le chœur, un certain Timon, homme dur, la face hérissée d'épines infranchissables, rejeton d*Ërinnye. Ce Timon est parti en maudissant les hommes pervers qu'il haïssait. Mais cet individu qui exécrait les hommes pervers, aimait beaucoup les femmes '. > Ne croirait-on pas dans ces quelques vers lire un résumé satirique du Misanthrope de Molière?
Un autre poète de la comédie ancienne, Eupolis, a créé le type, si fameux depuis, des parasites. Nous savons d'une manière certaine par Athénée, que les gens qui composaient le chœur de sa pièce intitulée les Flatteurs — plus justement les Parasites — étaient bien les ancêtres des parasites de la comédie nouvelle*. Ce sont des philosophes, des artistes, des poètes dramatiques, qui assiègent la maison du riche Callias, et pour prix de leurs compliments et de leurs bons mots, se font nourrir et entretenir par le riche amphitryon dont ils mettent les biens au pillage ^. Le parasitisme devait nattre naturellement dans une société si éprise du beau parler, où l'esprit donnait tous les droits et excusait toutes les platitudes. Les poètes Acestor et Melanthios, le savant Protagoras, clients importuns et faméliques de Callias, sont les premiers de la lignée. Souples et adroits, humbles et
\. Phrvnichus, fp. 18.
î2. Lysislrula^ 80S ot suiv.
:?. Athénée, VI, 236-.