‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 207 sur 242 · Platon, fr · texte numérisé non relu

Platon, fr

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peintures de vases, élégies, comédies, discours; on les attribuerait volontiers à Philémon ou à Ménandre, si Ton n'en savait la provenance plus ancienne.

Je n*ai rien dit jusqu'ici du rftle de la femme; la comédie ancienne, qui est une satire de la vie publique^ pouvait se passer d'elle; sans elle, au contraire, il n*y a pas de comédie de mœurs. Les femmes commencent & paraître dans les dernières comédies d'Aristophane, Lysistrata, les ThesmophoreSy V Assemblée des femmes. Le, poète les emploie surtout, il est vrai, pour servir au, développement de ses thèses politiques (Lysistrata) ou littéraires (les Thesmophores) ou sociales (VAssemblée. des femmes), et en même temps pour ajouter un attrait, de plus à ses fantaisies graveleuses. Il est superflu de^ prévenir le lecteur qu'il ne faudrait pas juger les mœurs, des femmes mariées à Athènes d'après le langage de. Lysistrata et de Praxagora. Ces deux personnages, comme leur nom l'indique, sont des inventions du poète; Tune est celle qui termine la guerre ^ l'autre celle qui agit dans, l'a-, gora; l'auteur ne leur a donné un caractère féminin -r très. original du reste et très intéressant.^- que dans la mesure où il en avait besoinpoui' aboutir au dénouement de sa pièce. Il leur a prêté en outre toutes le& indécences, de gestes et toutes les incongruités de paroles ifamilièjres à la comédie ancienne, et les a chargées, pour amuser le public, des vices que les maris se plaisent à reprocher aux femmes des autres. Ce sont des figures très vivantes cachées sous le masque grotesque de la convention comique.

Il en est de même des autres femmes qui se rencontrent à côté d'elles. Au travers de leur masque obscène, on découvre quelque chose de la physionomie féminine. Elles aiment la toilette; Aristophane, dans un fragment des secondes Thesmophores, décrit minutieusement les objets de toilette des femmes, tout ce dont elles se servent pour se mirer, se coiffer, se parer, se farder, se parfumer, s'épiler, se vêtir; ce seul passage suffirait à montrer que nous n'avons pas inventé Fart de la toilette et les prestiges de la coquetterie *. Bien que surveillées de près par leurs maris, les femmes sortent, elles s'invitent mutuellement S dînent les unes chez les autres, boivent ensemble, découchent même ^ comme les hommes. Les plaisanteries sur le goût des femmes pour le vin abondent déjà dans la comédie ancienne; elles seront plus fréquentes encore dans la comédie nouvelle. Il n'y en a pas de plus amusante que ce passage où Phérécrate prétend que les femmes, devenues maîtresses du gouvernement, ont fait faire pour les hommes des coupes plates, sans rebord, ayant à peine la capacité d'un coquillage, et pour elles-mêmes des vases profonds comme des navires à transport chargés de vin, ronds, ventrus, aûn de boire le plus de vin possible sans avoir à en rendre compte. Si on les accuse d'avoir trop bu, elles jurent qu'elles n'ont bu qu'une coupe ; il est vrai que cette coupe en vaut mille *. La pièce de Ménandre, les Femmes qui déjeunent ensemble, avait donc des antécédents chez les poètes de la comédie ancienne. Nous savons aussi par Aristophane, avant de le savoir par Ménandre, quel rôle important les femmes jouent dans la maison;

i. Thesmophares II, fr. 320.

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