‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 208 sur 242 · Phùrôcrate, £r · texte numérisé non relu

Phùrôcrate, £r

elles en sont les intendantes et les ménagères < ; elles ont I la clef du cellier et du garde-manger '; elles sont déjà des maîtresses souvent tyranniques; elles gardent le foyer, mais souvent elles le déshonorent; elles sont le rêve et aussi le fléau des hommes. De cet ensemble d'indications il résulte que l'importance sociale de la femme s*est beaucoup accrue pendant la guerre du Péloponnèse. Des comédies comme Lysistrata et V Assemblée des femmes en sont d'ailleurs la preuve; le sujet n'en pouvait être comique qu'à la condition de contenir une part de vérité. A ces deux pièces il faudrait ajouter la Tyrannie de Phérécrate, les Femmes soldats de Théopompe, titres comme on en chercherait vainement dansCratinus. En quelques années, les mœurs avaient changé en même temps que les idées. Le théâtre imita ce changement; on vit la tragédie représenter les drames du mariage, et la comédie, un peu plus tard, les aventures de l'amour libre, en donnant aux femmes le premier rôle; ce sont ici des jeunes gens qui se ruinent pour des courtisanes qui les trompent, là des femmes légitimes qui meurent de l'inûdélité de leur mari, comme Déjanire, ou qui sont elles-mêmes infidèles et tuées par le remords, comme Phèdre. La femme de condition libre commençait donc à être choisie pour elle-même autant que pour les enfants que le mari en attendait; elle voulait plaire et y réussissait souvent; elle avait ses volontés, ses passions, ses aventures. Nous voyons la jeune mariée, dans les Thesmophores, se pencher à sa fenêtre, comme l'Agnès de Molière, et se retirer Tougissante, à la vue d'un homme qui passe et qui l'admire '. Aussi le mari s'ingénie à surveiller sa femme; il

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