‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 209 sur 242 · Thesmophores, il S et suiv · texte numérisé non relu

Thesmophores, il S et suiv

9« Thesm'^phores, 797 et suiv.

invente des serrures à secret pour fermer la maison, il achète d'énormes chiens de garde pour effrayer les galants ^ Mais les Arnolphe et les Bartholo d'Athènes ne réussissent pas mieux que ceux de Paris ou de Séville; les deux amants parviennent toujours à se rejoindre, soit dans la maison, soit au dehors, et toutes les précautions sont inutiles contre les fourberies de Tamour. Le thème éternel de la comédie moderne se trouve ainsi indiqué dans Aristophane.

Je trouve, par exemple, plusieurs scènes de vaudeville très hardies dans le discours où Mnésiloque dans les Thésmophores prend la défense d*Euripide. Une jeune fille d'Athènes s'était mariée, quoiqu'elle eût un amant. Le mariage datait de trois jours : l'amant, pour qui cette attente a été trop longue, vient gratter pendant la nuit à la porte de sa maltresse. Celle-ci se lève pour aller le retrouver, mais le mari s'éveille. C'est pour un besoin pressant, dit-elle ; et pendant que l'époux sans défiance prépare un purgatif pour la jeune femme, celle-ci descend, graisse d'huile les verrous de la porte d'entrée, et devant la maison, s'appuyant à l'autel hospitalier^ elle consomme l'adultère '. — Une autre, tandis que son mari monte la garde sur les remparts, se livre à quelque esclave, à quelque muletier vigoureux, et, remontée dans sa chambre, mange une gousse d'ail, afin que cette odeur, qui n'est pas celle des baisers, rassure son époux •. — Une troisième a réussi, à force d'adresse, à faire pénétrer son amant chez elle, comme la mattresse d'Ëratosthène dans le discours de Lysias. — Le mari survient : qno faire? Comment dissimuler l'amant? Ordinairement il

i, Thesmophores, il 4 et suiv.

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