Thêimophorei, 491 et suiv
saute par la fenôtre ou se cache dans une armoire. Notre coquine a trouvé un tour plus ingénieux, sinon plus vraisemblable ; elle déploie un large manteau dont elle fait admirer les couleurs à son époux, tandis que le jeune homme, invisible derrière cet abri improvisé, s'esquive ^ Ces drames du mariage et de l'adultère dont Euripide faisait le sujet de quelques-unes de ses tragédies, Aristophane les lui emprunte, les transpose pour ainsi dire dans le ton de la comédie ancienne, et, dépassant Ménandre et Térence, qui n'ont pas osé entrer dans cette voie, il annonce la comédie moderne. Il aurait même, à en Croire son biographe, donné le premier modèle de la comédie nouvelle dans sa comédie intitulée Kokalos où se rencontraient les éléments des intrigues familières à Ménandre, un viol, une reconnaissance et le reste.
Nous venons de voir que la comédie ancienne contient en germe tous les éléments de la comédie nouvelle ; de l'une à l'autre il n'y a eu qu'une lente évolution. 11 serait plus facile encore de le démontrer si les pièces des derniers représentants de la comédie ancienne, dont les titres conviennent à des comédies de mœurs, n'avaient pas péri. Ce qui n*était encore qu'un germe dans les satires d'Aristophane, d'Ëupolis et de Platon, se développa dans le siècle suivant, pendant les dernières agitations de la liberté grecque, et devint plus tard la comédie nouvelle, sous la domination macédonienne, dans une cité transformée, indifférente désormais à la politique et à la guerre, uniquement préoccupée de bien vivre.