‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 24 sur 242 · Ilésycliius, s. v. xpixaî. Ar., Oiseaux^ 4io, scol · texte numérisé non relu

Ilésycliius, s. v. xpixaî. Ar., Oiseaux^ 4io, scol

ceux-là seuls étaient admis à tirer au sort, qui par leur fortune pouvaient contribuer aux représentations théâtrales ? Le seul passage d'un auteur ancien où il soit parlé avec précision d*un de ces juges, paraît confirmer notre supposition. Un client de l'avocat Lysias, accusé d'avoir blessé volontairement un de ses amis, raconte, entre autres détails de sa défense, que cet ami avait été juge aux Dionysies*. Il résulte du reste de Tensemble de son récit que les deux adversaires étaient des citoyens aisés. Ils se disputaient une courtisane que Taccusé promettait de céder, en y ajoutant même de l'argent. Us étaient toute une bande joyeuse de jeunes fous, que Lysias nous montre se promenant dans Athènes, ivres, allant à la recherche de joueuses de flûte et de jeunes garçons, et c'est ainsi que la querelle avait éclaté. Les juges étaient connus avant la représentation, et le poète les interpelle souvent, soit pour les adjurer, soit pour les menacer. S'ils avaient été des citoyens obscurs, les plaisanteries de l'auteur n'auraient pas pu les atteindre. On comprend mieux, si elles s'adressent à des personnes de condition, l'ironie plaisante de menaces dans le genre de celles-ci : t Quant aux juges qui vont maintenant me juger, je les somme de ne point se parjurer et de ne pas porter un jugement injuste, sinon, par Zeus, Phérécrate lancera contre eux une comédie beaucoup plus injurieuse *. »

Quand les juges avaient prononcé, chaque prix était décerné à la tribu du chorège vainqueur. Le poète luimême ne retirait donc jusqu'ici aucun bénéfice de son œuvre. Son nom était inscrit à côté de celui du chorège,

i, Lysias, De vulnere prœni., i, 3. ^

2. Piicrùcratc, Ir. 96; cf. Oiseaux, 4101 et suiv. ; Assemblée dss ^ femmes, lloi et suiv.

et c'était tout. On ne peut admettre pourtant que sa comédie ne lui rapportât rien : comment expliquer en effet les allusions des comiques à ceux d'entre eux qui écrivaient des pièces de théâtre par besoin ? Et de fait, lo poète comique était payé par l'État*. A quelle somme pouvaient s'élever ses honoraires, on ne le sait. Aristophane nous apprend seulement qu'un personnage politique assez connu, Agyrrhios, avait cru pouvoir les diminuer. C'était au moment de la bataille des Arginuses; Athènes épuisée par la guerre de Sicile tentait un suprême (effort, et pour équiper une flotte, faisait argent de tout. Agyrrhios profita de cette circonstance, dit le poète, pour se venger des railleries dont il avait été poursuivi *. Ce sont là des propos de poète mécontent. Quoi qu'il en soit, Agyrrhios n'aurait pas sans doute proposé cette mesure, qui l'exposait à des représailles désagréables, si ces honoraires n'eussent représenté une. certaine somme. Il est probable du reste que les poètes avaient d'autres ressources. Même après le coup d'État d'Agyrrhios, les comédies et les poètes ne manquèrent pas. C'est que leurs satires n'étaient sans doute pas gratuites. Ils pouvaient tirer doublement profit de leur talent, et se faire payer leurs outrages ou leur silence. On ferait, ce me semble, trop d'honneur aux gens de lettres d'Athènes en leur prêtant des scrupules qui n'arrêtent pas toujours les nôtres ^

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