Photius, p. -449, I
3. Achavniens, 378, scol.; Notice XI, vie d'Aristophane, lignes 27 et suiv.
58 AUISTOPIIANE.
même temps, pour atteindre Aristophane, qui s'était dérobé derrière Callistrate, il le dénonça comme étranger. Aristophane s'est expliqué lui-môme dans les Acharniens, un an après la représentation des Babyloniens^ sur l'accusation portée contre Callistrate. t Cléon, dit-il, ne pourra pas m'accuser aujourd'hui de dire du mal de la République en présence des étrangers. » Et plus bas : « Quelques individus de chez nous, — je nç parle pas de ia République, remarquez bien que je ne parle pas de la République. — » Et enfin, dans un autre endroit : <L Accusé par ses ennemis devant les Athéniens à Tesprit léger, d'avoir ridiculisé la République et outragé le peuple, le poète éprouve maintenant le besoin de répondre aux Athéniens à l'esprit inconstant *. » On devine, à travers les plaisanteries d'Aristophane, et au ton dont il la raconte, que l'affaire fut assez chaude et qu'il faillit en cuire à Callistrate. t Cléon, m'ayant traîné devant le Sénat, m'a calomnié et a vomi contre moi mille mensonges. C'était un ouragan, un déluge ; j'ai manqué de périr dans cette lessive *. » Le souvenir de ce péril ne rendit pas Aristophane plus circonspect. Dans cette même pièce des Achamiens, il se promet de se venger et de faire avec la peau du corroyeur t des semelles pour les Chevaliers * >. Le procès intenté par Cléon à Callistrate * vient donc à l'appui du passage cité tout à l'heure. La plainte portée contre le poète prouve que les attaques contre la République pouvaient être punies, mais qu'il suffisait de recourir aux lois ordinaires.
i, Acharniem, 504-502; Id., ibid., 515 et suiv.