Arharnieni
i. 11 est évident pour moi que le procès fut intenté à Callistrate et non h Aristophane. On trouvera tous les textes relatifs à cette question et toutes les opinions des savants dans un article de Sckradcr, PhilotogiLS, 1877, p. 385.
LA LliGlSLATION. . 5D
L'année suivante, Aristophane tenant sa promesse, redoubla de violence dans les Chevaliers. Cette fois, il ne se borna plus à des allusions plus ou moins méchantes ; il mit sur la scène le peuple lui-même et le cribla de sarcasmes. Gomment concilier cette liberté du poète avec l'affirmation de Tauteur du traité? A cette objection on peut répondre d*abord qu'au milieu même de ses incartades, Aristophane avait pris ses précautions et s'était préparé une retraite. Il ne manqua pas, à la fin de la pièce, de montrer Démos transfiguré, rajeuni, revenu au bon sens et à la fermeté que les basses flatteries des démagogues lui avaient un moment fait perdre. Ce dernier tableau était le correctif des précédents; l'auteur l'avait introduit dans sa comédie pour éviter des poursuites *. L'exactitude de notre historien anonyme serait donc confirmée par la pièce môme qu'on a coutume de lui opposer. Et puis, il n'est pas certain que les poursuites n'aient pas été au moins commencées. En effet, dans les Gtiêpes^ jouées deux ans après les Chevaliers, Aristophane raconte plaisamment de nouveaux démêlés qu'il avait eus avec Cléon. t Quelques gens ont prétendu que je m'étais réconcilié avec Cléon. 11 me harcelait, s'acharnait contre moi et me faisait mille misères, et tandis que j'étais écorché vif, la galerie riait en me regardant pousser de grands cris; non qu'on se souciAt de moi, mais on était curieux de savoir si, sous l'étreinte de mon adversaire, je lâcherais encore quelque plaisanterie. Ce que voyant, je grimaçai un semblant de flatterie. Mais aujourd'hui l'échalas a cessé de soutenir la vigne ^. » Cléon avait donc menacé Aristophane et le
i. C'est pour cela que je n'admets pas, avec KirchofT, que ce dernier tableau ait été ajouté par Eupoiis en même temps que la seconde parabase. (Hermès, XIII, p. "ISl et suiv.)