‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 30 sur 242 · Oiseaux, 1:297, scol.; Phrynichus, (r · texte numérisé non relu

Oiseaux, 1:297, scol.; Phrynichus, (r

C2 ARISTOPUANE.

des résultats d'une expédition commencée sous de si tristes auspices, troublé par les dénonciations successives dont les magistrats étaient assiégés, rêvant de tentatives de tyrannie et voyant partout des traîtres et des complices des traîtres, crut devoir encore une fois mettre un frein aux extravagances de la comédie. Quelle était exactement la portée du décret adopté sous l'archonte Morychidès et de celui que lit adopter Syracosios, on en peut juger par la comédie des Oiseatix, jouée en 414. Tandis que la ville est en pleine effervescence et que la puissance athénienne est engagée dans une entreprise de guerre la plus hardie qu'elle eût encore tentée, le poète «'abstient de toucher à ces événements qui lui offraient pourtant une matière si riche; sa muse, à qui le sol d'Athènes est interdit, s'échappe vers des pays chimériques et nous y conduit à sa suite, au milieu de personnages imaginaires. La loi lui défendait donc de parler autrement que par allusion des hommes et des choses du jour.

Nous ignorons combien de temps fut maintenue la loi de Syracosios. En 411 eut lieu la révolution des Quatre- €ents, pendant laquelle la comédie dut s'abstenir de la politique. Aristophane, du moins, s'en est abstenu dans 5a comédie des Thesmophores (les femmes célébrant les fêtes de Gérés). Au contraire, en 405, la situation étant plus calme, après la victoire des îles Arginuses, le poète, dans les Grenouilles, reprend son allure naturelle, et, dans un sujet littéraire, attaque avec violence ses adversaires politiques. Enfin, peu après, en 403, la liberté de la comédie succombe avec Athènes elle-même, et ne se relève plus de sa chute. Les poètes n'ont pas renoncé aux allusions politiques, mais ils sont obligés de les dissimuler. On en peut voir un exemple dans une corné-

Page 1