LA LEGISLATION
die d'Archippos jouée peu de temps après la tyrannie des Trente, et où les principaux personnages de cette?^ époque sont désignés par des noms de poissons. Bientôt il n'y eut plus besoin de décrets pour réprimer les hardiesses des poètes. Quand la démocratie eut perdu son énergie et son ressort, et les luttes des partis leur âpreté, la comédie politique n'eut plus de raison d'être. Nul, dans une société plus molle et devenue plus indifférente, ne s'inquiétait de lui rendre un semblant dévie.
11 est temps de conclure. Nous avons considéré successivement les institutions du théâtre, la composition et les sentiments du public, la situation des poètes comiques, leurs relations, leurs intérêts et leurs opinions; nous avons enfin examiné la législation, et de cet examen il résulte que la comédie politique devait profiter surtout aux partisans de l'oligarchie. C'était un instrument de combat inventé contre eux par le peuple, et dont ils se servirent contre le peuple dans une pensée de réaction. La démocratie accepta cette interversion des rôles; en laissant aux écrivains la liberté de la satire politique, elle s'exposait à en être l'objet. Il est vrai que les auteurs étaient assez habiles pour lui donner le change, et assez imbus des idées de leur temps pour faire aux préjugés populaires et à l'amourpropre national des concessions rassurantes.
L'esprit de la comédie attique était donc déterminé d'avance par son origine religieuse, par les circonstances qui en firent une institution politique, par la législation du théâtre et par la condition des poètes. Les caractères essentiels des pièces d'Aristophane et des autres auteurs comiques du même temps s'expliquent par l'action combinée de ces causes diverses.