‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 42 sur 242 · Chevaliers · texte numérisé non relu

Chevaliers

LE OODVERNEM.KNT. — LES INSTITUTIONS. 79

scélératesse habile. La gent avocassière s'est multipliée dans Athènes comme [une peste ; elle a germé comme une hydre, pour le malheur de la cité et des honnêtes citoyens, t Un drôle vient-il à mourir, il pousse aussitôt deux orateurs; et il n'y a point chez nous d'Iolaos pour brûler leurs têtes. Es-tu un infâme ? Tu seras donc orateur * . » Ce dernier mot, qui est du poète comique Platon, exprime mieux que tout autre Topinion de l'aristocratie £ur les orateurs populaires.

Les orateurs régnaient dans les assemblées, ils pouvaient provoquer des mesures législatives, faire voter des décrets, soulever des procès, agir sur la politique générale, mais ils n'avaient ni le maniement des finances, ni la direction des armées. Aussi les plus ambitieux d'entre eux avaient-ils pour objectif les magistratures publiques, et parmi ces magistratures, celle qui résume en elle toute la puissance executive, la stratégie. Les stratèges avaient le commandement suprême des forces de terre et de mer, s'occupaient de la levée des troupes, de l'approvisionnement et du matériel, instruisaient les affaires relatives aux délits militaires, veillaient à la sûreté du pays, conduisaient les opérations de guerre, administraient les finances de la confédération, protégeaient les nationaux athéniens à l'étranger et remplissaient en outre certaines fonctions religieuses*. Ils

Page 1