‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 5 sur 242 · Foét,, IV · texte numérisé non relu

Foét,, IV

d'imiter le laid, et de ce moyen d'exprimer cette imitation, le poème iamhique, est-on passé à la comédie, c'està-dire à la représentation sur une scène d'une action oomique; voilà ce qu'il nous importe de savoir, et ce (ju'Aristote nous apprend en quelques mots trop courts. Le culte de Dionysos aurait inspiré la comédie, comme -la tragédie naissante. L'idée de mimer une action quelconque avait bien pu être réalisée en mille autres circonstances, par exemple dans ces farces populaires dont je parlais tout à Theure, mais c'est dans la célébration ■du culte de Dionysos qu'elle prit sa forme particulièrement grecque, celle d'une succession de cbants et de dialogues constituant une action. La procession des phallophores était une partie essentielle du culte de Dionysos, et les premières comédies furent les improvisations de ceux qui entonnaient les chants phalliques *. Du jour où le chant des phallophores fut distinct des paroles dites par le coryphée, il y eut deux personnages, et par conséquent un rudiment de comédie. Ainsi, il ne suffit pas de dire que l'imitation du laid est naturelle à l'homme, et qu'avant l'invention de la comédie, cette imitation s'était déjà exprimée par la satire. La comédie grecque ne serait peut-être jamais devenue un genre littéraire sans les mascarades du culte Dionysiaque. Voilà l'origine historique et immédiate de la comédie.

Le paysan aime naturellement, en tout temps, les gros mots, les gestes libres, les propos salés et le franc rire. Mais il y avait en Grèce une époque de l'année o^ la religion l'invitait à s'abandonner sans contrainte aux •caprices de son imagination lubrique et de ses sens allumés. A la fin de décembre ou en janvier, les vendanges

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